Tout s'est accéléré le 2 mars 2026. Après que les États-Unis et Israël ont lancé une offensive militaire conjointe contre l'Iran le 28 février, le guide suprême iranien Ali Khamenei est assassiné. La nouvelle, confirmée par Téhéran le 1er mars, change la donne au Liban.
Le secrétaire général du Hezbollah, Naïm Qassem, annonce aussitôt que son mouvement va "accomplir son devoir de résistance face à l'agression" et ne quittera pas "le champ d'honneur". Le lendemain, le Hezbollah tire plusieurs roquettes sur le nord d'Israël — une première depuis le cessez-le-feu de novembre 2024 — en visant un site de défense antimissile près de Haïfa. Le groupe présente l'attaque comme un "acte défensif" pour forcer le retrait israélien du Liban.
La riposte israélienne est immédiate et dévastatrice : dans la nuit du 2 au 3 mars, des avions israéliens bombardent Beyrouth à 3h du matin. L'armée ordonne l'évacuation de 50 villages du Sud-Liban et de la vallée de la Bekaa, et réoccupe progressivement le sud du pays.
"Ces mesures permettront de progresser vers un accord global de paix et de sécurité."
Le "mercredi noir" et les chiffres d'une catastrophe
Le 8 avril restera dans les mémoires libanaises. En dix minutes, cent frappes israéliennes s'abattent sur des quartiers résidentiels de Beyrouth. Plus de 350 personnes meurent en une seule journée. Les journaux baptisent cette date le "mercredi noir".
Au 1er juin 2026, le bilan officiel du ministère libanais de la Santé fait état d'au moins 3 433 morts dont 3 200 civils, et 10 395 blessés parmi lesquels 334 enfants. Plus d'un million de Libanais ont fui leurs foyers.
Ce décompte s'ajoute à celui des conflits précédents : environ 4 000 Libanais avaient déjà péri entre octobre 2023 et novembre 2024, et 330 autres pendant la première trêve — portant le total humain de cette longue guerre à plusieurs milliers de victimes.
Washington tente un cessez-le-feu : Beyrouth dit oui, le Hezbollah dit non
Le 16 avril, une première trêve de dix jours est obtenue par Donald Trump, qui affirme avoir convaincu le président libanais Joseph Aoun et le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou. Elle est prolongée de trois semaines le 23 avril, mais demeure "largement bafouée" selon les observateurs.
Les 2 et 3 juin, une quatrième session de pourparlers directs — chose rarissime entre deux pays sans relations diplomatiques — se tient à Washington sous l'égide des États-Unis. À l'issue de ces deux jours, un accord est annoncé. Il conditionne le cessez-le-feu à un "arrêt complet" des tirs du Hezbollah et prévoit l'évacuation de ses combattants de la zone entre la frontière israélienne et le fleuve Litani. Des "zones pilotes" sous contrôle exclusif de l'armée libanaise y seraient créées.
"Le cessez-le-feu doit être global, sans dissocier le sud du reste du pays, et sans liberté de tuer pour l'ennemi au Liban."
Mais dès le 4 juin, cheikh Qassem torpille l'accord. Dans un message diffusé sur la chaîne du parti, le chef du Hezbollah exige un retrait total des forces israéliennes du Liban, menace le nord d'Israël de nouvelles attaques, et appelle les autorités libanaises à "arrêter la mascarade et l'humiliation des négociations directes" avec Israël. Une fin de non-recevoir sans ambiguïté.
Les combats continuent malgré tout
Le 4 juin — jour même du rejet du Hezbollah — Israël mène de nouveaux raids sur le sud du Liban et se réserve le droit de frapper la banlieue sud de Beyrouth en cas d'attaque sur son territoire. Le ministère de la Défense israélien annonce vouloir "poursuivre ses tirs et ses opérations sur le terrain".
Dans le même temps, les combats terrestres se poursuivent. Depuis le 16 mars, Israël occupe à nouveau le sud du Liban. Des batailles rangées ont eu lieu à Khiam, Bint Jbeil et d'autres localités du Sud-Liban. Le Hezbollah rapporte des affrontements directs avec des unités de Tsahal, revendique des embuscades contre des chars Merkava, et affirme avoir forcé des retraits de soldats israéliens.
Pour l'heure, les deux camps s'affrontent à coups d'attaques transfrontalières. Une nouvelle session de pourparlers est prévue la semaine du 22 juin à Washington. Mais avec un Hezbollah qui dit non et une armée israélienne qui ne désarme pas, la perspective d'une paix reste fragile.
Fonte: Makaya Enfo