Les États-Unis et l'Iran conviennent d'un accord pour mettre fin à la guerre alors que Trump déclare que le détroit d'Ormuz va ouvrir
Lundi 15 juin 2026 — Washington / Téhéran / Islamabad
Après des mois de frappes, d'ultimatums et de négociations au bord du précipice, Washington et Téhéran ont annoncé lundi matin être parvenus à un accord historique pour mettre fin immédiatement à la guerre au Moyen-Orient. Donald Trump a annoncé dans la foulée la réouverture du détroit d'Ormuz, l'une des artères pétrolières les plus stratégiques de la planète. La cérémonie de signature est prévue vendredi à Genève.
Des navires immobilisés dans le détroit d'Ormuz, photographiés depuis Oman — l'un des points les plus stratégiques de la planète, paralysé depuis des mois.
L'annonce qui change tout
C'est un premier ministre pakistanais qui a annoncé au monde ce que des mois de tensions n'avaient pas permis d'espérer : Shehbaz Sharif, médiateur clé du conflit entre Washington et Téhéran, a pris la parole lundi matin pour confirmer que les États-Unis et l'Iran étaient parvenus à un accord permettant la fin immédiate de la guerre au Moyen-Orient sur tous les fronts, y compris au Liban.
Washington et Téhéran ont confirmé l'information dans la foulée. Sur son réseau Truth Social, Donald Trump a publié un message lapidaire mais solennel : "L'accord avec la République islamique d'Iran est désormais finalisé."
Puis, quelques minutes plus tard, est venu le message que les marchés, les armateurs et les pays producteurs de pétrole attendaient depuis des semaines : "J'autorise pleinement la réouverture du détroit d'Ormuz sans droits de passage et, parallèlement, la levée immédiate du blocus naval américain. Navires du monde entier, mettez les moteurs en marche. Que le pétrole coule à flots !"
Retour sur une guerre de 3 mois et demi
Pour comprendre le poids de cet accord, il faut rappeler comment cette guerre a éclaté. Le 28 février 2026, des frappes américano-israéliennes ont déclenché une conflagration au Moyen-Orient d'une ampleur inédite depuis des décennies. L'Iran et le Liban ont été directement touchés, avec des milliers de morts côté iranien et libanais, des infrastructures énergétiques détruites et une économie régionale paralysée.
En réponse, Téhéran avait décidé de fermer le détroit d'Ormuz — ce bras de mer de 56 kilomètres de large à peine, entre l'Iran et Oman, par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial. Un verrou géopolitique sans équivalent.
Le détroit d'Ormuz : un passage maritime dont le blocage a fait flamber les prix du pétrole partout dans le monde.
Les semaines suivantes ont été marquées par une escalade verbale et militaire sans précédent. Trump avait lancé des ultimatums successifs à Téhéran, menaçant de "destruction totale" si l'Iran ne rouvraient pas le passage. Il avait frappé l'île de Kharg, principal terminal d'exportation de pétrole brut iranien, bombardé des installations militaires et envisagé des frappes sur les centrales électriques iraniennes.
Mais derrière les menaces tonitruantes, une diplomatie discrète s'était mise en place. Le Pakistan de Shehbaz Sharif s'était imposé comme médiateur de confiance, relayant des propositions, des contre-propositions et affinant un texte point par point. C'est ce patient travail diplomatique qui a finalement abouti ce lundi matin.
Ce que contient l'accord en 14 points
Le texte complet de l'accord n'a pas été rendu public dans l'immédiat. Mais plusieurs éléments ont filtré par les déclarations officielles et l'agence de presse iranienne Mehr.
Selon ces sources, l'accord repose sur 14 points, dont le premier et le plus crucial est le cessez-le-feu immédiat, applicable à tous les théâtres d'opérations, y compris en Iran et au Liban.
Parmi les autres dispositions clés figurent :
La fin des opérations militaires américaines et israéliennes. Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, a déclaré à la télévision d'État que "la partie adverse" — soit les États-Unis — s'engagerait à ne plus déclencher de nouvelle guerre ni mener de nouvelles opérations militaires, et que cet engagement vaudrait également au nom d'Israël. Un point présenté par Téhéran comme une percée historique, les États-Unis n'ayant "jamais accepté un tel arrangement" dans le passé.
Le déblocage de 24 milliards de dollars d'avoirs iraniens gelés, selon l'agence Mehr, dont la moitié serait libérée avant même le début des négociations définitives.
L'ouverture dans un délai de 60 jours de négociations portant sur quatre sujets majeurs : la levée des sanctions contre l'Iran, la question du programme nucléaire, la reconstruction économique du pays et la mise en place d'un mécanisme de suivi des engagements pris.
La Maison-Blanche et Washington ont nourri des semaines d'optimisme prudent avant l'annonce de lundi.
La question brûlante du nucléaire
Le dossier le plus sensible reste entier : l'avenir du programme nucléaire iranien. Trump a lui-même indiqué dans des déclarations au New York Times qu'un volet des négociations porterait sur l'acceptation par l'Iran d'un moratoire de 20 ans sur l'enrichissement d'uranium, avec une possible réduction à 15 ans selon les compromis qui pourraient émerger.
Les stocks d'uranium hautement enrichi que l'Iran a accumulé ces dernières années restent au cœur des préoccupations occidentales. Plusieurs pays européens — la France, l'Allemagne, le Royaume-Uni et l'Italie — ont publié un communiqué commun, se déclarant "disposés à lever les sanctions pertinentes en réponse à des mesures claires et vérifiables de la part de l'Iran concernant son programme nucléaire".
La question nucléaire est à la fois la plus urgente et la plus complexe. Elle est liée à la sécurité d'Israël, aux équilibres régionaux et à la crédibilité des engagements iraniens. Les 60 jours de négociation qui s'ouvrent seront à cet égard un véritable test de la solidité de cet accord préliminaire.
La réouverture du détroit : une clause controversée
Trump a annoncé la réouverture officielle du détroit d'Ormuz "dès la signature de l'accord vendredi, afin de permettre le déminage". Emmanuel Macron a répondu depuis la plateforme X que la mission maritime internationale mise en place conjointement par la France et le Royaume-Uni était "prête à accompagner" cette réouverture.
Mais une ombre est venue assombrir l'annonce. En fin de matinée, l'agence d'État iranienne Fars a révélé que Téhéran avait ajouté au dernier moment une clause prévoyant l'imposition de redevances pour les services maritimes dans le détroit d'Ormuz. Une modification de dernière minute du mémorandum d'entente qui a semé une certaine confusion et que les États-Unis n'ont pas encore commentée officiellement.
Cette friction illustre à quel point cet accord reste fragile et susceptible de rebondissements. La cérémonie de signature prévue vendredi 19 juin à Genève — la même ville qui a accueilli les grands traités de l'histoire contemporaine — sera le prochain moment de vérité.
La guerre a ravagé des régions entières au Liban et en Iran depuis le 28 février 2026, laissant derrière elle des milliers de morts.

L'impact économique mondial : les marchés exultent
La nouvelle a immédiatement fait l'effet d'une onde de choc sur les marchés mondiaux. Le prix du baril de pétrole brut a chuté de plusieurs dollars en quelques heures à l'ouverture des marchés asiatiques, après des semaines de prix historiquement élevés liés au blocage du détroit d'Ormuz.
La fermeture du passage avait provoqué une véritable crise d'approvisionnement mondiale. Des dizaines de pétroliers s'étaient retrouvés bloqués dans le Golfe arabo-persique, incapables de rejoindre leurs destinations. Les prix à la pompe avaient flambé dans toute l'Europe, aux États-Unis et en Asie. En France, le gouvernement avait d'ailleurs déjà prévenu que les prix à la pompe devront baisser "rapidement" dès la réouverture effective du passage.
Le retour à la normale de la navigation dans le détroit d'Ormuz représentera un soulagement considérable pour l'économie mondiale, à condition que le déminage des eaux — une opération délicate et qui prend du temps — se déroule sans incident.
Une signature à Genève : le symbole d'un monde en quête de paix
Que la cérémonie de signature ait lieu à Genève n'est pas anodin. La ville helvétique, siège de nombreuses organisations internationales et théâtre historique des grands accords diplomatiques, incarne une certaine idée de la résolution pacifique des conflits.
Ironiquement, Genève accueillait ce même week-end de violents affrontements entre manifestants anti-G7 et la police. La ville offre ainsi le dimanche 14 juin un double visage saisissant : celui d'une démocratie sous tension, et celui d'un espace diplomatique où les plus grands conflits du monde viennent chercher leur résolution.
L'accord signé vendredi portera la signature des États-Unis et de l'Iran. Mais il sera aussi le fruit du travail de dizaines de négociateurs, de médiateurs pakistanais, de diplomates européens, et d'un président américain qui a alterné les provocations les plus extrêmes avec des revirements diplomatiques spectaculaires.
Actualité du marché du pétrole en 2026 — les prix devraient refluer rapidement après la réouverture du détroit d'Ormuz, attendue vendredi.
Ce que cet accord ne règle pas encore
Soyons clairs : cet accord n'est pas la paix. C'est une halte des combats et un cadre pour négocier. Plusieurs questions fondamentales demeurent ouvertes.
L'avenir du Liban, dont le territoire a été à nouveau meurtri par les frappes, reste incertain. La reconstruction des infrastructures iraniennes détruites — raffineries, centrales électriques, terminaux pétroliers — représente un défi colossal. Les relations entre Israël et ses voisins n'ont pas été formellement adressées dans ce texte préliminaire. Et la question nucléaire, reportée à 60 jours, est un volcan toujours en activité.
Mais pour des millions de civils iraniens et libanais, pour les économies mondiales asphyxiées par le blocage du détroit, et pour une communauté internationale qui retenait son souffle depuis des mois, l'annonce de ce lundi représente quelque chose d'essentiel : une raison d'espérer.
FONTE: Makaya enfo