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Défense : Hayti et la France resserrent leur coopération militaire, entre reconstruction des FAd'H et échéance électorale.

Par — Chroniqueur Makaya Enfo
Défense : Hayti et la France resserrent leur coopération militaire, entre reconstruction des FAd'H et échéance électorale.

PORT-AU-PRINCE — 20 août 2026

Le ministre haytien de la Défense, Mario Andrésol, a reçu ce mercredi 19 août 2026 le chargé d'affaires de France en Hayti, Grégoire Varenne, pour un échange consacré au renforcement de la coopération militaire entre les deux pays. Cette rencontre s'inscrit dans la continuité d'un partenariat franco-haytien déjà actif ces derniers mois, alors que Port-au-Prince poursuit la reconstruction de ses Forces armées, dissoutes depuis trente ans, dans un contexte de crise sécuritaire toujours aiguë et à quelques jours seulement du premier tour des élections générales.

Ce que l'on sait de la rencontre

Selon les informations disponibles, l'échange entre Mario Andrésol et Grégoire Varenne a porté sur le renforcement de la coopération militaire bilatérale entre Hayti et la France. Ce type de rencontre s'inscrit dans une pratique désormais régulière du ministère de la Défense haytien, qui a multiplié depuis le printemps 2026 les échanges avec les représentants diplomatiques et militaires de plusieurs pays partenaires, dont les États-Unis et l'Argentine, autour des mêmes enjeux : formation des militaires haytiens, renforcement des capacités opérationnelles des Forces armées d'Hayti (FAd'H) et perspectives d'accompagnement technique.

Cette rencontre intervient dans un contexte diplomatique particulier pour la représentation française en Hayti : début août, l'ambassadeur de France Antoine Michon, dont la mission touchait alors à sa fin, avait publiquement salué la qualité de la coopération militaire engagée avec Hayti, quelques semaines avant son départ. La présence d'un chargé d'affaires pour conduire ce nouvel échange s'inscrit ainsi dans une phase de transition de la représentation diplomatique française à Port-au-Prince.

Un partenariat militaire franco-haytien déjà concret

Ce dialogue ne part pas de rien. Début août 2026, le ministère de la Défense d'Hayti annonçait que 200 militaires haytiens avaient déjà été formés en Martinique, dans le cadre d'un partenariat mené directement avec la République française. Mario Andrésol avait alors salué ce qu'il a décrit comme le symbole de la qualité des relations d'amitié entre les deux États, ainsi que l'engagement commun en faveur de la sécurité, de la stabilité et du renforcement des capacités institutionnelles dans la région. Il avait également remercié le gouvernement français pour l'accompagnement technique, logistique et pédagogique apporté aux FAd'H dans le cadre de cette coopération.

Cet appui s'inscrit dans une position française plus large sur l'avenir des institutions de sécurité haytiennes. Fin juillet, l'ambassadeur Michon avait qualifié la dissolution des Forces armées d'Hayti, décidée il y a trente ans, de décision aux conséquences très négatives pour le pays — une déclaration qui illustre le soutien affiché par Paris à l'actuel effort de reconstruction de cette institution militaire.

Pourquoi la reconstruction des FAd'H est redevenue une priorité

Pour comprendre l'importance accordée à ce type de rencontre, il faut revenir sur le contexte dans lequel Mario Andrésol a pris ses fonctions. Ancien directeur général de la Police nationale d'Hayti et ancien secrétaire d'État à la Sécurité publique, il a été installé à la tête du ministère de la Défense début mars 2026, dans un contexte présenté par les autorités de transition comme celui d'un renforcement du dispositif régalien de l'État face à la crise sécuritaire. Sa mission, telle que définie à son installation, consiste à poursuivre la modernisation des FAd'H et à garantir l'intégrité du territoire national face aux menaces pesant sur les frontières terrestres, aériennes et maritimes du pays.

Cette reconstruction intervient alors qu'Hayti reste confronté à une crise sécuritaire majeure, marquée par le contrôle exercé par des coalitions de gangs armés sur une large partie de la capitale et de plusieurs régions du pays. Dans ce contexte, le renforcement des Forces armées, distinctes de la Police nationale depuis leur séparation formelle prévue par la Constitution de 1987, est présenté par le gouvernement de transition comme un pilier complémentaire de la réponse sécuritaire globale, aux côtés de la force internationale de répression des gangs déployée sous mandat des Nations unies et de la Police nationale elle-même.

Une coopération qui s'inscrit dans un calendrier politique serré

Cette rencontre survient à un moment particulièrement sensible du calendrier politique haytien. Le pays doit en effet organiser, le 30 août 2026, le premier tour de ses premières élections générales depuis près d'une décennie, un scrutin dont la tenue reste conditionnée, selon les autorités électorales elles-mêmes, au rétablissement d'un niveau de sécurité suffisant sur le territoire. Dans cette perspective, la consolidation des capacités des institutions de sécurité haïtiennes, qu'il s'agisse de la Police nationale ou des Forces armées, revêt une importance particulière pour les semaines à venir.

Le renforcement de la coopération militaire avec des partenaires internationaux comme la France s'inscrit ainsi dans un double objectif pour les autorités haytiennes : consolider à moyen terme une institution militaire nationale capable de contribuer durablement à la sécurité du pays, tout en répondant, à plus court terme, aux besoins immédiats de stabilisation à l'approche de l'échéance électorale.

Et maintenant ?

Aucun calendrier précis n'a été communiqué à l'issue de cette rencontre quant aux prochaines étapes concrètes de cette coopération renforcée. Le précédent de la formation de 200 militaires haytiens en Martinique suggère toutefois que ce partenariat pourrait se traduire, dans les mois à venir, par de nouveaux programmes de formation ou d'accompagnement technique similaires. La poursuite de ces échanges bilatéraux sera à suivre en parallèle du déroulement du calendrier électoral haytien, dont la première échéance approche désormais à grands pas.

Fonte: makaya enfo

Auteur

Makaya enfo — Chroniqueur Makaya Enfo

Journaliste sportif. Spécialiste du football haytien et des compétitions internationales.

Sources et transparence

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  • Article publié sous la responsabilité éditoriale de Makaya Enfo, avec vérification humaine avant publication.
  • Corrections: hayti@makayaenfo.com